Le Comité Social d’Administration Académique (CSA A) s’est tenu le jeudi 5 février 2026. Pour la CFDT, les conditions de travail, les moyens et les réformes en cours ne sont pas acceptables.
Après le boycott du CSA du 30 janvier, le CSA s’est réuni le 5/02. Dans sa déclaration liminaire, la CFDT a dénoncé les coupes budgétaire dans l’Education Nationale, l’absence d’une politique ambitieuse pour la jeunesse, le plan 800 collèges.
Tous les documents du CSA sont accessibles sur cet espace.
Les réponses de la Rectrice : entre reconnaissance des difficultés et limites budgétaires
La Rectrice a reconnu le caractère exceptionnel du calendrier et salué l’engagement de chaque acteur. Elle a souligné que l’académie de Bourgogne fait partie des rares à avoir maintenu des groupes de travail préparatoires au CSA A, avec une transmission anticipée des documents pour faciliter les échanges.
Sur le plan des moyens, elle a annoncé une amélioration du taux d’encadrement dans le premier degré, ainsi que la création de postes d’AESH et de psychologues. Cependant, ces annonces ont été nuancées par la baisse démographique, qui impacte fortement la répartition des ressources. L’académie, touchée par cette baisse, tente de maintenir une équité territoriale, mais les écarts persistent, notamment dans les zones rurales.
Le dispositif « Au cœur de la classe », qui concerne 60 écoles et 31 collèges, a été présenté comme une réponse aux besoins des enseignants. Les inspecteurs sont censés jouer un rôle d’appui, même si leur capacité à accompagner efficacement chaque équipe pédagogique reste inégale. Les progrès des élèves en mathématiques et en français ont été mis en avant, mais la CFDT a rappelé que les moyens manquent pour répondre à l’ensemble des besoins.
Enfin, la rectrice a réitéré son soutien aux professionnels ayant subi des violences, un sujet qui préoccupe l’ensemble des acteurs.

Premier degré : entre baisse démographique et enjeux de mobilité
La baisse démographique se traduit par une réduction de 81 ETP, répartis dans les quatre départements. Malgré cela, l’académie s’efforce de maintenir les classes uniques en milieu rural, un engagement important pour préserver l’égalité d’accès à l’éducation.
Cependant, la question des remplacements reste un point de tension. Le DASEN de l’Yonne a assuré que les moyens sont globalement suffisants, mais les écarts entre les classes persistent, avec une moyenne de 20 élèves par classe qui masque des disparités locales.
Sur le plan des carrières, 9 agents de Côte-d’Or n’ont pas été promus en raison d’appréciations « à consolider », une situation qui interroge sur l’équité des évaluations. Par ailleurs, la non-reconnaissance de l’Ancienneté Générale de Service (AGS) continue de frustrer de nombreux enseignants, qui estiment que leur expérience n’est pas suffisamment valorisée.
Second degré : ajustements budgétaires et fermetures de formations
Le second degré est également touché par la baisse démographique, avec une perte de 83 ETP. Malgré cela, l’académie a annoncé l’ouverture de 6 ULIS (dont 5 en collège et 1 en lycée) et de nouvelles UPE2A, des dispositifs destinés à accompagner les élèves allophones ou en situation de handicap.
Avec une moyenne de 24,9 élèves par classe en collège et 30 élèves en lycée, l’académie se situe en dessous de la moyenne nationale, mais les syndicats rappellent que 58 % des heures sont dispensées à des groupes de moins de 24 élèves, un signe que les effectifs restent élevés.
La question des fermetures de BTS a été particulièrement sensible. À Decize, par exemple, une formation a été fermée en raison d’un nombre insuffisant d’étudiants (5 en première année, 6 en deuxième année), avec un taux de vacance moyen de 30 % dans les BTS de l’académie. La Rectrice a justifié ces décisions par des critères d’insertion professionnelle et des demandes des branches, mais la CFDT dénonce un manque de vision globale et une logique de fermetures-compensations qui pénalise certains territoires.
Enfin, les promotions et la mobilité restent des sujets de mécontentement. Les personnels attendent plus de transparence et une meilleure reconnaissance de leur expérience, notamment pour les enseignants de plus de 62 ans non promus à la hors-classe.
Filière administrative : entre requalification et conditions de travail précaires
La requalification de la filière administrative et la refonte de la carte des agences comptables ont été évoquées, mais les agents restent isolés et peu écoutés. Le télétravail en EPLE est désormais géré par les chefs d’établissement, avec 34 demandes validées à ce jour. Cependant, en cas de refus, les agents doivent engager un recours, une procédure souvent perçue comme dissuasive.
Les détachements sont un autre sujet de préoccupation, avec 26 attachés et 31 SAENES détachés, principalement vers Dijon. Cette concentration crée des déséquilibres et pose la question de l’équité entre les départements. Par ailleurs, les frais de déplacement des AESH et les conditions de travail des personnels administratifs (comme l’équipement à la charge des établissements) restent des points de tension.
Questions diverses : entre avancées et zones d’ombre
Plusieurs sujets ont été abordés en fin de séance :
- Les inscriptions au CRPE 2026 s’élèvent à 1093 candidats bac+5 et 1118 bac+3, un indicateur de l’attractivité relative du métier.
- Une mission spécifique sur le harcèlement scolaire sera mise en place, avec des moyens fléchés selon la taille des établissements (de 0,25 à 0,75 ETP).
- La CDIsation des AED après 6 ans d’ancienneté a été confirmée, mais les modalités de mobilité restent à préciser.
- La prime REP pour les AED et AESH sera versée de manière rétroactive à partir de 2022, sous réserve d’une demande en 2026.
- Enfin, la question des frais de déplacement des AESH et des postes occupés par les administratifs (avec 38 postes partagés, soit 1 % des effectifs) a été évoquée, sans réponse définitive.
Bilan et perspectives : un dialogue social à renforcer
La CFDT Éducation Bourgogne réaffirme son engagement pour défendre les droits des personnels et garantir une école publique de qualité. Dans un contexte de baisse démographique et de restrictions budgétaires, il est plus que jamais nécessaire de repenser collectivement l’école de demain, en plaçant l’équité et la transparence au cœur des décisions.