Le CAEN de repli s'est réuni le 30 avril 2026 pour aborder la rentrée 2026 dans l'enseignement public et l'enseignement agricole public.
Ce CAEN du 30 avril ne se prononçait sur aucun document, c’était une présentation de la rentrée 2026 à venir dans notre académie. Cependant, des défis persistent, comme le renouvellement des générations, avec un vieillissement marqué de la population en Bourgogne-Franche-Comté, qui enregistre le taux de natalité le plus faible de France.
La CFDT a rappelé lors de l’instance et dans sa déclaration la nécessité de se saisir de la baisse démographique pour renforcer les moyens de l’enseignement public.
Postes 1D à la rentrée 2026
Le document présenté en CAEN présente d’une augmentation du ratio professeur/élève (P/E) de 8 centièmes (passant de 6,53 à 6,61). Mais derrière ce chiffre, la réalité est bien différente :
- 1 professeur supplémentaire pour 1 250 élèves, soit 1 enseignant·e de plus pour 63 classes en moyenne.
- Dans les faits, certaines circonscriptions de Côte-d’Or verront les effectifs par classe augmenter de 2 élèves en élémentaire et maternelle (hors REP et GS-CP-CE1 plafonnés).
Une expérimentation débutera en Saône-Loire pour lisser les baisses d’effectifs sur cinq ans, impliquant un travail collaboratif entre la préfecture, les collectivités territoriales et l’Education Nationale. Cette approche vise à mieux répondre aux besoins locaux, avec une remontée d’informations pour ajuster les dispositifs. Pour l’instant, peut de détails sur le fonctionnement du dispositif.
Pour la rentrée 2026, mise en place des PAS dans l’Yonne et la Saône-et-Loire. La crainte est de dépouillé les dispositifs existants de leur personnel qualifié. Les départs en formation ne compenseront pas tout.
Postes 2 D à la rentrée 2026
Voir le document
- Dans les collèges, la « marge d’autonomie » se traduit par 27 heures en moyenne par établissement – une aumône quand il faut atteindre 29 à 31 élèves par classe pour ouvrir un poste.
- Dans les lycées, ce sont 13,5 heures supplémentaires avec des seuils d’ouverture à 36 élèves en filière générale et technologique.
Résultat : des classes surchargées, des conditions de travail dégradées, et une santé mentale des élèves et des personnels en souffrance. La décision de supprimer l’encadrement des internats des EREA par des professeur·es des écoles va à l’encontre de l’ambition d’une école inclusive et bienveillante, tout comme les suppressions de postes de CPE ou d’adjoint de direction. La CFDT a alerté sur le cas particulier du lycée Clos Maire.
Perspectives pour la voie professionnelle
La Région s’est vu amputée par l’État de 25 millions d’euros pour la formation professionnelle, obligeant la région à prioriser les formations pour les publics les plus éloignés de l’emploi.
L’enseignement professionnel a été au cœur des discussions. L’objectif de la région et du rectorat est de maintenir une offre de formation cohérente, en évitant l’émiettement et la juxtaposition des formations, notamment aux niveaux 4 (Bac) et 5 (Bac+2). Une analyse du taux de places vacantes a été engagée pour ajuster l’offre. La voie professionnelle a été réaffirmée comme une filière forte et valorisée, devant s’adapter aux transitions économique, numérique et sociétale. Pour la CFDT, il faut aussi penser à la faible mobilité des jeunes pour faire la carte et ne pas négliger les CAP. Elle dénonce l’accumulation de réformes non évaluées qui désorganisent les établissements et alourdissent la charge de travail :
Plusieurs innovations ont été annoncées, comme la création d’une école de l’hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté et l’implantation d’un Campus des métiers Transport-Logistique à Chalon-sur-Saône.
Perspective de l’enseignement agricole
Malgré une hausse des effectifs dans le secteur agricole, une perte de la Dotation Horaire Globalisée (DHG) a été constatée, soulevant des inquiétudes quant aux ressources disponibles. L’administration explique que les seuils n’ont d’ouverture n’ont pas été atteint, ce qui explique ce décalage.
L’enseignement agricole a également été abordé, avec des objectifs ambitieux : +30 % d’apprenants d’ici 2030, alors que 91 % des apprenants ne viennent pas du milieu agricole. Des bachelors (Bac+3) seront également mis en place. Malgré les contraintes budgétaires, l’objectif est de maintenir l’offre de formation tout en réformant les méthodes d’apprentissage. La déprise démographique imposera de travailler en réseau.
Nos revendications pour une école publique ambitieuse
Face à ces constats, la CFDT EFRP Bourgogne porte des propositions concrètes :
- Arrêter les suppressions de postes (agents de laboratoire, CPE, personnels de direction, professeur·es documentalistes, administratifs…).
- Réduire les effectifs par classe pour améliorer les conditions d’apprentissage et de travail.
- Associer les syndicats et les personnels à la construction de l’offre de formation, du CAP au BTS.
- Valoriser la voie professionnelle par une campagne nationale et des moyens dédiés.
- Évaluer les réformes avant d’en lancer de nouvelles, pour éviter les effets pervers.
- Investir dans l’humain : recruter, former, payer correctement et protéger les agent·es du service public.