Une dotation qui a tardé à venir! Alors même que le ministère annonce renoncer à la suppression des 195 ETP envisagés et que la dotation académique est maintenue, nombreux sont les collègues à avoir déchanté en voyant leur dotation revue à la baisse... Des baisses qui se succèdent au fil des années!
Dotation AED académique maintenue mais de nombreuses baisses constatées sur le terrain!
Nombreux.ses sont les CPE à attendre fébrilement les fameuses dotations en assistance éducative en fin d’année scolaire. On sait combien le maintien de cette dernière est essentiel; une dotation supplémentaire serait même la bienvenue, mais nous avons passé l’âge de croire au Père Noël… Puis les dotations tombent, bien tardivement cette année pour envisager de finaliser les préparations d’une rentrée qu’on espère sereine et prémice d’une année que l’on souhaite plus douce que la précédente! Chacun se réjouit…Ou pas!
ouf! la dotation est maintenue!
Non mais comment je vais faire, je perds 0.5 ETP, déjà que c’est la galère!
et à de très rares exceptions (comme quoi, on peut quand même croire un peu au Père Noël)
J’ai 0.25 ETP en plus!
Bref, un certain nombre d’entre nous doivent composer avec une dotation en berne qui ne tient aucun compte des réalités de terrain et des difficultés auxquelles les équipes doivent faire face pour garantir la sécurité et le suivi des élèves dans des condtions dégradées.
La CFDT demande à ce que les règles de répartition de la dotation par établissement soient discutés en instances académiques et départementales afin que l’ensemble des paramètres soient pris en compte. La CFDT exige que les moyens soient à la hauteur de ces besoins!
Une dotation arrivée tardivement qui empêche la mobilisation des instances et des équipes de l’établissement…
« Placer les adolescents dans les meileures conditions de vie individuelle et collective,
de réussite scolaire et d’épanouissement personnel » extrait circulaire missions CPE 2015
Plus facile à dire qu’à faire avec les moyens alloués
Sophie Isigeikt, CPE au lycée Parc des Chaumes à Avallon a accepté d’apporter son témoignage suite à cet énième baisse de la dotation AED. Voici un extrait du message porté in extremis au CA de son établissement
C’est avec consternation, incompréhension et colère que je prends connaissance ce jour 25 juin 2026 de la dotation des postes d’AED pour la rentrée 2026 au lycée : 5,25 EDT alors que nous avions 5,75 cette année.
Un demi-poste en moins d’AED aux yeux du Rectorat ce n’est certainement pas grand-chose et considéré sur un tableau Excel comme une variable d’ajustement. A mes yeux de CPE expérimentée c’est juste intolérable et désespérant.
Nous avons déjà perdu un demi-poste à la rentrée 2024 et un autre quart-poste en 2023.C’est donc un 1,25 ETP de moins en 4 ans.
Comment ceci est-il justifié par l’administration ? Personne ne peut répondre car les règles de répartition des postes d’AED dans notre Académie sont inconnues des représentants des personnels, des chefs d’établissement et les IPR vie scolaire restent muets voire refusent de communiquer.
Serait-ce dû à une diminution des effectifs puisque c’est l’argument n°1 utilisé systématiquement pour justifier la chute drastique des moyens humains alloués au fonctionnement de l’Ecole française ?
Rentrée 2017 7 ETP AED 566 dont 72 internes
Rentrée 2019 6,75 ETP AED 566 dont 62 internes
Rentrée 2022 6,50 ETP AED 505 dont 44 internes
Rentrée 2023 6,25 ETP AED 448 dont 46 internes
Rentrée 2024 5,75 ETP AED 459 élèves dont 48 internes
Rentrée 2026 5,25 ETP AED 440 élèves attendusLes conséquences de cette dotation auront des répercussions graves à différents niveaux. Les conditions de travail des personnels vie scolaire seront dégradées.
Dans un premier temps, il faut annoncer à un AED qui souhaitait poursuivre au lycée à 100% ( ils le veulent tous dans notre équipe ) qu’au 1er septembre il n’aura plus qu’un demi-poste donc un demi salaire égal donc un demi-smic. Qui peut l’accepter ? Il y a fort à parier qu’il démissionnera. Quel mépris de la part de l’institution envers cette catégorie de personnels !Il faudra donc que ma collègue et moi recrutions en urgence et nous savons les difficultés que nous rencontrons pour ce type de poste à mi-temps. Alors sera-t-il pourvu le 1er septembre, rien ne le garantit.
Ensuite, les tâches que ce demi-poste de moins faisaient seront en partie reportées sur le reste de l’équipe ou glisseront sur les CPE. Ceci sera possible à la marge car tous ont déjà un poste à tenir et des missions à effectuer. Nous sommes déjà en nombre insuffisant à certains moments; pas d’AED au restaurant scolaire de 13h à 13h30, pas d’AED au foyer sur le secteur pro le vendredi après-midi pas d’AED en étude les lundis de 8h à 9h, pas d’AED aux ateliers, bureaux vie scolaire fermés de 12h à 13h alors qu’il y a des cours à ce moment-là. A tous ces postes il y avait des AED en 2017 !Les conditions d’accueil et d’encadrement des élèves se dégradent
et cette dégradation s’accentuera drastiquement.
Petit rappel à transmettre au Rectorat qui fait fi du bâti d’un EPLE et de sa structure :
Le lycée des Chaumes accueille des élèves de 14 à 21 ans allant de la 3ème Pmet jusqu’aux classes de BTS ; c’est un lycée polyvalent donc les élèves sont en voie professionnelle ou technologique ou générale et comprend un restaurant scolaire et un internat. Au niveau du bâti, le lycée est traversé par une voie publique de part et d’autre de laquelle se trouvent d’un côté deux bâtiments d’externat distants de 200 m et de l’autre le restaurant scolaire et l’internat, le tout sur 4 ha. La mixité de ce public d’âges différents et la configuration de ce lycée impliquent une organisation particulière de la vie scolaire afin que la sécurité des élèves soit assurée et qu’ils soient dans des conditions optimales pour leur permettre de réussir leur scolarité.
Un demi-poste d’AED c’est 803,5 heures par an, c’est 21h de moins par semaine pour surveiller et encadrer les élèves à la rentrée.
Où enlever ces 21h ? Ne plus mettre d’AED au portail le matin et le soir ? Quid du contrôle des entrées ? Qui le fera ? Ne plus mettre qu’un seul AED au restaurant scolaire entre 11h30 et 12h30 ? Comme la surveillance effective dans le restaurant scolaire où se côtoient des collégiens, des lycéens et des étudiants est obligatoire, il n’y aura plus d’AED pour réguler le flux des élèves ? Il y a un risque majeur que la loi du plus fort s’applique !Mettre un dortoir en autonomie ? En sachant que cela implique que l’AED restant sera seul pour l’encadrement de tous les internes toute la nuit ? Le public de l’internat est constitué 80 % d’élèves de la voie pro, techno ou BTS, ces derniers ayant souvent le même comportement que des élèves de voie pro. Ce public défavorisé et fragile devra-t-il encore en payer les frais ? Sur qui la responsabilité de la surveillance des élèves retombe ? Nous avons eu cette année plusieurs internes en grave mal être, tous ayant un suivi psy et médicamenteux lourd sans infirmière d’internat.
Comment faire de l’aide aux devoirs à l’internat quand vous avez deux dortoirs à surveiller et que vous devez mettre tous les élèves au travail pendant l’étude obligatoire ? On supprime cette heure obligatoire ? Fermer le foyer la journée ? Ce foyer au secteur pro est le lieu où l’AED peut prendre le temps d’écouter, de rassurer ou de réguler des micro conflits entre élèves. On les laisse seuls ? Ne plus surveiller la salle de permanence, lieu où l’AED peut faire de l’aide aux devoirs mais aussi surveiller les élèves en retenue, les exclus de cours, et les élèves qui rattrapent des évaluations ? On supprime les retenues ?
En tous cas, les AED restant ne pourront pas être engagés dans les dispositifs où sur le papier il ne manque pas d’être cités : dispositifs PhAre, Evars, Aide aux devoirs, Tutorat, participation aux sorties scolaires, animation de projet vie scolaire etc.. Et ceci pour assurer ce qui est prioritaire et incontournable : la sécurité des élèves par une surveillance effective aux entrées, dans la cour, dans les couloirs, à l’internat et au restaurant scolaire ainsi que, autre incontournable, la gestion des absences.
En faisant une projection des emplois du temps des AED et en partant du principe que nous gardons deux AED pour l’internat, et en respectant la législation du travail (amplitude horaire de travail, temps de pause toutes les 6h de travail, temps de pause méridienne ) nous aurons trois AED pour le lycée en journée donc un bâtiment n’aura qu’un AED posté au bureau vie scolaire. Durant les pauses, un seul AED en externat pour 430 élèves annoncés. Et ceci dans la configuration où aucun AED n’est absent pour maladie ou garde d’enfant. Lorsqu’un AED est en arrêt inférieur à 15 jours il n’est pas remplacé et quand l’arrêt est supérieur à 15j il ne l’est qu’à 75%. Ayant eu un AED en arrêt toute l’année, nous avons bien pu observer le problème.
Mme la Rectrice fait du climat scolaire une priorité pour la rentrée 2026. Apparemment la vie scolaire ne doit pas à ses yeux compter pour beaucoup dans ce climat scolaire. […] Bref je m’attends à une année surchargée […] à un service vie scolaire décimé, je doute de pouvoir exercer mes missions correctement. J’entends donc ne plus prendre de charge supplémentaire et vous annonce que je ne serai plus référente décrochage scolaire, référente des cordées de la réussite et référente égalité filles–garçons.

Beaucoup d’entre nous se reconnaissent certainement au travers de ce témoignage!
On nous demande de faire toujours plus avec toujours moins! Au détriment des conditons de travail des personnels de vie scolaire et plus largement de tous les personnels. Dans ces conditions, comment contribuer à favoriser les meilleures condtions de vie et d’apprentissage pour TOUS nos élèves?
L’académie de Dijon « audacieuse et enagée » remplit-elle les priorités qu’elle s’est fixées dans son projet académique? Garantit-elle la réussite de ses élèves et l’accomplissement professionnel de ses personnels en ne tenant pas compte des besoins du terrain? Aucune consultations des intéressées ni des organisations syndicales représentatives dont la CFDT EFRP Bourgogne! Que nenei, le couperet tombe pour certains, A qui le tour, l’an prochain?!
Agissons et mobilisons nous pour des condtions de travail tenant réellement compte des besoins actuels des établissements et luttons contre ces coupes sombres dans les dotations éducatives!
Une rentrée scolaire sans vie scolaire!
Toutes et tous en grève le 1er septembre 2026!